Les mesures prises contre le coronavirus font ressortir l’un des plus anciens fléaux de l’humanité : la pauvreté. C’est le confinement qui pose le plus de problèmes, particulièrement pour les pays ayant des systèmes de sécurité sociale inexistants ou insuffisants et où la suspension du revenu quotidien signifie l’impossibilité de se nourrir.

Par Sabrina Neyret

La pandémie du coronavirus fait l’effet d’une douloureuse piqûre de rappel pour la communauté internationale concernant la question de la pauvreté. Bien que le virus bouleverse l’économie mondiale dans son entier et n’épargne quasiment aucun pays, ses conséquences ne sont pas ressenties partout avec la même intensité. Désormais, certains Etats se battent sur deux fronts à la fois. C’est là que réside le grand dilemme ; les mesures à prendre pour faire face à ces deux défis sont incompatibles.

D’une part, le Covid-19 en lui-même pourrait bel et bien avoir des effets dévastateurs si rien n’est fait pour limiter sa propagation. C’est surtout le cas dans les pays où la grande majorité des personnes vivent dans des logements précaires, surpeuplés et/ou insalubres. La transmission est alors extrêmement facilitée. De plus, en l’absence de systèmes de santé disponibles et efficaces, les hôpitaux se retrouvent rapidement submergés et les malades ne peuvent pas tous être pris en charge.

D’autre part, le confinement, qui est une mesure efficace mise en place à travers le monde contre le coronavirus, n’est tout simplement pas viable dans certains pays, notamment dans ceux faisant face à un large taux de travail informel. Dans ces cas, les personnes devant cesser temporairement leur activité professionnelle journalière n’ont droit à aucune sécurité de revenu. Arrêter de travailler signifie donc prendre le risque de tomber dans la précarité, voire de ne plus pouvoir se nourrir.

Ce dilemme que pose la pandémie concerne principalement l’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud qui recensaient déjà la majorité des personnes vivant sous le seuil de pauvreté d’après l’ONU. La plupart des Etats de ces régions n’ont pas les moyens financiers de venir en aide à leur population, particulièrement dans le contexte actuel. En réponse à cela, l’ONU a présenté le 25 mars un plan mondial de réponse humanitaire au Covid-19 destiné à soulager ces pays et réunissant pour l’instant 550 millions de dollars. Mais, ce montant est encore loin d’être suffisant, puisque selon les Nations Unies, au moins 2 milliards de dollars seraient nécessaires. Par ailleurs, cette somme paraît plutôt maigre face aux fonds débloqués dans d’autres régions du monde en réponse à l’épidémie. La Suisse, par exemple, a déjà dépensé près de 80 milliards de CHF. L’Union Européenne, de son côté, a convenu d’une réponse commune de 500 milliards d’euro. Quant aux Etats-Unis, c’est un plan d’un montant impressionnant de 2300 milliards de dollars qui a été mis en place. 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *