Asie centrale

 

Par Audrey Steinmyller

 

Le Kirghizistan est le pays le plus démocratique d’Asie Centrale. Toutefois, le pays est sujet à des tensions politiques récurrentes lors d’élections, comme cela a été le cas pendant ce mois d’octobre.

 

Après les résultats des élections législatives remportées par les alliés du président Sooronbaï Jeenbekov, des milliers de personnes sont descendues, dans la nuit du 5 au 6 octobre, dans les rues de Bishkek, la capitale du pays, pour dénoncer des élections biaisées : un problème récurrent dans le pays.

 

Elles ont mis feu aux bâtiments parlementaires et ont libéré de prison le précurseur de Jeenbekov, Almazbek Atambaïev, anciennement allié de celui-ci, représentant donc une menace supplémentaire pour le parti au pouvoir.

 

Depuis, les élections ont été annulées à titre de réparation, Atambaïev est retourné en prison, et un nouveau premier ministre nationaliste également fraîchement libéré, M. Sadyr Japarov, a été élu le 10 octobre par le Parlement, jouant à nouveau avec les limites de la démocratie quant à sa majorité obtenue pour arriver au pouvoir.

 

Le lendemain, le président Jeenbekov démissionne, et Japarov devient le président par intérim, à la suite du refus du président du parlement d’assurer la fonction. Il est le troisième président à se retirer du pouvoir depuis la naissance de la république en 1991.

 

Multiplication des troubles aux portes de la Russie

 

Après les troubles au Haut-Karabakh et en Biélorussie, la Russie voit les tensions à ses portes se multiplier, et s’inquiète que sa sphère d’influence soit en train de se morceler et s’éteindre. Le Kirghizistan est d’ailleurs l’un des pays d’ex-URSS les plus proches de Moscou, et il reste à voir si les changements du pouvoir à Bichkek viendront changer la donne. En effet, Jeenbekov était clairement pro-russe, et Poutine a notamment questionné la décision sulfureuse de l’ancien président de démissionner, que le maître du Kremlin suspecte d’avoir été fortement influencée par le Premier Ministre. 

 

Toutefois, le media russe indépendant « The Moscow Times » rapporte dans son édition du 16 octobre que selon de nombreux analystes et spécialistes de l’Asie Centrale, tout nouveau régime au Kirghizistan sera de toute façon pro-russe. Cela à cause des liens étroits qui lient la république d’Asie Centrale à Moscou, notamment le fait que le pays fasse partie de l’Union Economique Eurasiatique.

 

Ex- pays de l’URSS, le Kirghizistan était réputé l’un des seuls pays démocrates du centre de l’Asie. Cet épisode révèle alors un système fragile, qui vient une fois de plus questionner la légitimité du pouvoir en place et la stabilité de cette démocratie récente.

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