Par Enrico M. Gallo

 

Les mémoires et recueils de souvenirs des diplomates sont généralement déjà connus du publique, longs et remplis de détails communs. De surcroît, tenus au secret de fonction au-delà de leur retraite, les ambassadeurs n’indiquent dans leur autobiographie que des éléments déjà connus, en les mettant, parfois avec talent, en perspective mais sans révéler des faits éclairants l’actualité ou l’histoire.

 

Tel n’est pas le cas avec l’ambassadeur français Gérard Araud, qui signe avec « Passeport diplomatique – Quarante ans au Quai d’Orsay » (Grasset, 2019) une très belle et passionnante évocation d’un métier exercé avec passion et qui l’a conduit à l’OTAN, en Israël et au Conseil de sécurité de l’ONU en qualité de chef de la mission permanente de la France auprès des Nations unies à New York, ainsi qu’occupant des postes importants au Ministère des Affaires étrangères. Le sommet de la carrière diplomatique de Gérard Araud fut toutefois le poste d’ambassadeur aux États-Unis d’Amérique, qu’il occupa de juillet 2014 à juin 2019.

 

Essai vivant et rempli d’anecdotes éclairant une analyse précise du métier de diplomate, le livre de Gérard Araud, aujourd’hui consultant pour la chaîne française BFM TV et conseiller d’autres sociétés de communication, nous fait entrer dans les coulisses de la diplomatie française, un des réseaux les plus denses et importants dans le monde contemporain. 

 

Traçant un subtil portrait du diplomate, « cet étrange métier dont l’objectif premier est de capter la confiance de l’autre, qu’il soit un officiel ou un journaliste », l’Ambassadeur de France Gérard Araud, proche d’Emmanuel Macron, raconte aussi dans son livre sans lourdeurs sa carrière au Quai d’Orsay. Son quart d’heure de célébrité mondiale interviendra en novembre 2016 lorsqu’il commentera l’élection de Donald Trump, à laquelle il ne croyait pas comme beaucoup d’observateurs, en twittant : « Après le Brexit et cette élection, tout est désormais possible. Un monde s’effondre devant nos yeux. Un vertige ». Bien que cette déclaration choque aux Etats-Unis et en France, où certains demandent sa démission, il est maintenu à son poste à Washington, le plus prestigieux de toute carrière diplomatique. On découvrira dans cet ouvrage au style serré et brillant d’autres éléments qui trace le profil d’un diplomate contemporain de grande qualité et qui pourrait servir de référence aux jeunes générations.

 

Enrico M. Gallo

 

Gérard Araud, Passeport diplomatique, quarante ans au quai d’Orsay, Grasset 2019

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *