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Pour l’ancien Ambassadeur et Secrétaire d’Etat Jacques de Watteville, le métier de diplomate doit être avant tout une passion plus qu’une ambition.

   « Être diplomate aujourd’hui : comment servir son pays dans le contexte international actuel ?», tel était le thème de la conférence donnée par l’éminent diplomate Suisse Jacques de Watteville qui était l’invité de la SDSA (Swiss Diplomacy Student Association) et du GSI (Global Studies Institute) de l’Université de Genève. Cet évènement a permis une totale immersion dans le monde diplomatique.

« Un matin, je dis à ma femme que j’avais eu froid pendant la nuit et le soir même une couverture avait été déposée dans sa chambre » déclara de Watteveille à l’assistance. Cette drôle d’anecdote sur son expérience en Corée du Nord reflète le côté fascinant et intriguant de la diplomatie. De plus, ce récit illustre le fait que le diplomate « n’est jamais seul » et qu’il est toujours « écouté ».

Le récit de sa longue carrière dans ce milieu fût un moment particulièrement passionnant. Il a occupé de nombreux postes : il fût notamment Ambassadeur en Syrie, à Bruxelles, puis en Chine avec accréditation en Mongolie et en Corée du Nord. Son parcours a reflété la diplomatie comme une passion et c’est ainsi qu’il convient d’appréhender ce métier selon lui.

Outre son parcours personnel, l’ancien Secrétaire d’Etat a parlé du métier de Diplomate en général, des difficultés qui lui sont liés ainsi que des clichés récurrents autour de la fonction. Il a par exemple expliqué que ce métier ne convenait à tout le monde. En effet, il est difficile de le concilier avec une vie familiale notamment car être diplomate implique de changer régulièrement (chaque 4 ans) de lieu de vie à travers le monde. De plus, ce métier demande beaucoup d’investissements, il doit donc être avant tout une passion plus qu’une ambition uniquement.

Autre difficulté, il convient de peser ses mots en permanence et de réfléchir avant de s’exprimer pour ne pas dire des paroles qui pourraient paraître inappropriées ou qui pourraient être mal prises. Ensuite, il a affirmé que la diplomatie ne se résumait pas qu’à des réceptions mondaines comme il est souvent perçu dans la société. En effet, celles-ci font certes partie intégrante de la fonction mais elles ont souvent lieu après une longue journée de travail. Elles permettent de parler à maximum de personnes en un minimum de temps. Par la suite, il a expliqué à travers son expérience personnelle que la diplomatie demande un esprit critique aiguisé et que parfois les ordres reçus par son pays ne sont pas adaptés à la situation auxquels ils sont destinés. Il convient alors au diplomate de faire savoir son désaccord, de négocier et d’expliquer en quoi les directives sont inadéquates et lesquelles seraient plus judicieuses. L’autonomie et la prise d’initiative sont également deux qualités importantes pour exercer ce métier.

En dernier lieu, il a parlé de son expérience en Europe. Il a tout d’abord parlé du projet européen et de son importance dans un contexte suisse pas très favorable à l’Union Européenne. Il a rappelé que l’Union Européenne n’est pas uniquement une alliance économique et politique mais que c’est avant tout des valeurs communes. En effet, la Suisse partage les mêmes valeurs de démocratie avec l’Europe. Ainsi, selon lui, il est important de ne jamais l’oublier et tout particulièrement en cette période de négociation de l’Accord-cadre entre la Suisse et l’Union Européenne.

Mélanie Caprotti

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