Conférence

 

 Être consul honoraire: Quel rôle? Quelles fonctions?  

 

 

Par Gabriele Iannizzi et Valérian Cerino

 

Pour son premier évènement du semestre d’automne 2020/21, qui marquait aussi le grand retour aux affaires pour la Swiss Diplomacy Student Association, le département culture et institutions a accueilli Jean-Marc Probst, consul honoraire de la République fédérale d’Allemagne pour les cantons de Genève, Valais et Vaud. Lors de cette conférence qui a eu lieu le 22 septembre à l’Université de Genève, le consul honoraire a dévoilé aux étudiants présents les dessous de sa fonction. 

Quels sont les quatre « outils » de la diplomatie ? « La cravate, la parole, la poignée de main et le sourire », du moins en temps normal. Si la crise sanitaire provoquée par le Covid-19 a restreint les interactions humaines, la diplomatie aussi, avec ses étiquettes et ses cérémoniaux, a été durement frappée : les mains sont devenues le moyen de transmission du virus par excellence et le sourire est éternellement caché par le masque. Ainsi, est-ce que la gestion des relations entre États est devenue plus compliquée que d’habitude ?

En temps de confinement, Jean-Marc Probst, consul honoraire de la République Fédérale d’Allemagne pour les cantons Genève, Valais et Vaud, a déclaré avoir voulu garder ouvert son bureau à Genève malgré l’ordre de fermeture provenant de Berne, en raison du caractère essentiel du service offert. Néanmoins, il ne s’agit que d’un des nombreux exemples de l’esprit entrepreneurial et novateur avec lequel M. Probst a exercé sa fonction ; une approche qui est résultée extrêmement claire à l’auditoire de la salle MR280 d’Uni-Mail, où, le 22 septembre, le consul honoraire d’Allemagne s’est adressé, avec persuasion et humour, à un public de jeunes étudiants intéressés au domaine de la diplomatie.

Le rôle et les fonctions d’un consul honoraire comme fil conducteur

Le fil conducteur de l’évènement, organisé par le département Culture et Institutions de la Swiss Diplomacy Student Association (SDSA), étaient le rôle et les fonctions d’un consul honoraire. Comme son nom l’indique, la fonction de « consul honoraire » est une fonction honorifique. Elle a pour objectif d’assurer le rapprochement entre deux états, dans le domaine culturel, économique et politique. Sa base légale est la convention de Vienne relative aux relations consulaires.

C’est une fonction importante pour la République d’Allemagne, en particulier en Suisse : 42 000 allemands vivent en Suisse aujourd’hui, sans compter les binationaux. Les travailleurs frontaliers allemands sont également nombreux, et l’Allemagne est le premier partenaire économique de la Confédération Helvétique.

Il existe actuellement quatre consuls honoraires allemands en Suisse répartis sur l’ensemble du territoire national (à Bâle, Genève, Lugano et Zurich), et ils sont tous de nationalité suisse. Et contrairement à une idée reçue, il n’est nul besoin d’être allemand pour représenter l’Allemagne en tant que consul honoraire.

Un diplomate « ad honorem »

Pour M. Probst, ingénieur de formation, entrepreneur, représentant et président de nombreuses associations patronales, cette prestigieuse mission est devenue une nouvelle vocation, à ses dires aussi engageante qu’inattendue. C’est l’ambassadeur allemand à Berne qui, en 2014, lui demande, étant donné son statut d’homme d’affaires aux denses et excellentes relations avec la société civile suisse, d’occuper ce poste à grande responsabilité pour le compte du premier partenaire commercial de la Suisse.

M. Probst devient ainsi diplomate ad honorem, tout en gardant l’équilibre nécessaire avec ses engagements professionnels et familiaux. Par ailleurs, une grande partie de ses fonctions consulaires relèvent des relations entre la Suisse et le monde entrepreneurial allemand, déjà son domaine d’expertise, mais il se trouve à devoir également gérer de nombreuses affaires administratives et culturelles, quoiqu’il ne soit pas citoyen d’Outre-Rhin. Il est aussi chargé de servir de relais entre l’ambassade à Berne et la réalité locale des territoires qu’il préside, ce qui demande une grande coordination avec ses homologues responsables pour les autres cantons suisses.

S’il est vrai que «La grandeur d’un métier est d’unir les hommes», ainsi que Antoine de Saint-Exupéry l’a affirmé et M. Probst l’a rappelé, le rôle de consul honoraire est beaucoup plus qu’une activité accessoire par rapport à une autre profession. C’est une mission personnelle qu’on entreprend sans aucune promesse de rémunération, exclusivement au nom des bonnes relations entre les pays.

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