Interview

Invité : Mr. Vincent Defourny

Fonction : Directeur de la division relations extérieures et communications de l’UNESCO

« Construire la paix dans l’esprit des hommes et des femmes »

 

Par Jonathan Norton

 

Au cours de ces dernières années, la politique culturelle de l’Organisation des Nations Unies a connu une progression considérable notamment grâce au travail de l’UNESCO. Vincent Defourny, son directeur de la communication, a accordé une entrevue à une quinzaine d’étudiants au Palais des Nations, dans le cadre de l’exposition « Les Mains de la Paix ».

Du 28 octobre au 8 novembre, l’UNESCO présente l’exposition itinérante « les Mains de la Paix », une galerie de portraits de personnes célèbres ou anonymes incarnant les valeurs portées par l’institution. A cette occasion, une délégation de la Swiss Diplomacy Students Association, aux côtés de l’Association des Etudiants Francophones, a rencontré Vincent Defourny, le Directeur de la division relations extérieures et communications de l’organisation.

La raison d’être de l’UNESCO est de promouvoir à travers le monde les domaines de l’éducation, la science et la culture, pour favoriser un cadre de paix. Selon Vincent Defourny, l’interdépendance de ces piliers nécessite d’adopter une vision systémique afin de mieux insuffler ces valeurs. Il parle de « construire la paix dans l’esprit des hommes et des femmes ».

L’institution est principalement connue du grand public pour son patrimoine mondial réunissant environ 1100 sites à travers le monde. Toutefois, le directeur a précisé que cette liste n’est pas l’équivalent d’un « concours de beauté » des biens naturels mondiaux.  En effet, elle cite également des lieux symboliques empreints d’une charge historique exceptionnelle, parfois funeste, tels que le camp allemand nazi d’Auschwitz ou la prison de Nelson Mandela.

Vincent Defourny a mis en avant les deux priorités actuelles de l’organisation à l’échelle mondiale que sont l’égalité des genres et l’Afrique. L’un des Objectifs de développement durable de l’agence est « d’autonomiser toutes les femmes et les filles » en « promouvant des possibilités d’apprentissage tout au long de la vie ». Par ailleurs, l’héritage historique inestimable de l’Afrique est sous-représenté sur la Liste du patrimoine mondial. Pour répondre à la méconnaissance de la culture et de l’histoire de ce continent et la libérer d’une perspective occidentale, l’UNESCO a fait appel, dans les années 60, à 230 historiens africains et internationaux. La rédaction d’une Histoire générale de l’Afrique se poursuit aujourd’hui avec la réalisation de trois nouveaux volumes.

Vincent Defourny a finalement répondu à quelques questions posées par les membres de la SDSA et de l’AEF. Il a comparé l’organisation à « une multinationale avec les moyens d’une PME », exprimant ainsi la difficulté à concilier un budget restreint et un mandat extrêmement large. Fort de sa longue carrière dédiée aux enjeux internationaux, il a encouragé les futurs professionnels à « rouler leur bosse » en commençant par des expériences de terrain, à l’étranger, avant d’envisager un poste à l’ONU.

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