Par Enrico M. Gallo

 

Quel sera l’impact de la nouvel administration sur la diplomatie états-unienne? Si sur un certain nombres de sujets la rupture sera totale avec l’ère Trump, il y a des domaines où il ne faut guerre s’attendre a des changements majeurs.   

 

La prise de fonctions du nouveau président américain le 20 janvier 2021 changera-t-elle la diplomatie américaine ? Il est permis de le penser et nombre de diplomates et techniciens des relations internationales espèrent que la vision parfois complexe et imprévisible de l’administration Trump, malgré quelques avancées au Moyen-Orient, sera remplacée par une politique extérieure plus prévisible et classique de la part de l’administration du démocrate. Les diplomates préfèrent ce qui est prévisible et détestent, comme les politiques, toute surprise dans un domaine où le subtil mécanisme diplomatique ne doit pas s’enrayer trop souvent ou subir des secousses non prévues. Mais les intérêts américains demeurent et seront aussi défendus par le nouveau gouvernement américain qu’il soit dirigé par Donald Trump ou Joe Biden.

 

Avec la nomination du futur Secrétaire d’État, le francophile Antony Blinken, à la tête de la diplomatie américaine, le Président Biden a sans doute fait un choix qui rassurera les partenaires européens de l’Américain. Et en nommant John Kerry, dont l’anti-trumpisme est connu, comme ambassadeur pour le climat, Joe Biden a donné un signe concret et réel du retour des USA dans l’Accord de Paris sur le climat. Réinvestir le multilatéralisme est aussi un objectif avoué de la nouvelle administration américaine : c’est là aussi une longue tradition dans les administrations démocrates. 

 

Un retour vers le multilatéralisme? 

 

Le nouveau locataire de la maison blanche a aussi annoncé vouloir renégocier l’accord sur le nucléaire iranien. Il ne s’agira pas de réintégrer cet accord mais d’en renégocier certaines parties. La présence de John Kerry – qui en fut l’artisan – dans la nouvelle administration, sera précieuse dans cette optique. Une pacification des relations avec l’Iran est une des clés pour une paix durable et globale au Moyen-Orient, objectif qui doit être poursuivi afin de pacifier une région à l’origine de tant de conflits dans le monde et surtout source de l’antagonisme islamo-occidental débouchant sur des actes terroristes en Europe. 

 

La volonté d’améliorer les relations mises à mal ces quatre dernières années avec les grands voisins des USA, le Canada et le Mexique, alliés fidèles de l’Amérique, est aussi largement ressentie comme extrêmement positive en ce temps où la collaboration internationale doit emprunter les chemins de la paix économique et non ceux de la guerre commerciale. Dans le cas du voisin du sud il convient toutefois de noter qu’après des débuts houleux, la relation entre Trump et son homologue Mexicain Lopez Obrador s’était considérablement améliorée et le chef d’état Mexicain fut d’ailleurs un des derniers leaders mondiaux à féliciter Biden.

 

Le nouveau président a aussi esquissé un renforcement du rôle de l’OTAN alors que son prédécesseur n’a eu de cesse d’en amoindrir l’influence et d’en diminuer le financement, considérant qu’il appartenait à l’Europe de financer sa protection contre d’éventuels adversaires.

 

Enfin, il est probable que les tensions commerciales avec la Chine se poursuivront car elles sont une constante de la politique américaine sous tous les locataires de la Maison Blanche. Mais il est certain que le ton entre les deux grandes nations sera plus apaisé et constructif.

 

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et n’engagent pas la Swiss Diplomacy Student Association

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *